Le miroir ment : affronter le syndrome de l'imposteur
- Emily Hignett
- il y a 1 jour
- 4 min de lecture
« Ce n’est pas ce que vous êtes qui vous retient, c’est ce que vous pensez ne pas être. » – Denis Waitley

Imaginez-vous en réunion Zoom avec un groupe de personnes incroyablement brillantes. Au fil des présentations, vous découvrez leurs parcours professionnels impressionnants, leurs réussites et leurs expériences. À la fin de la réunion, vous vous retrouvez devant le miroir, en vous demandant : « Je n’avais rien à faire là-dedans. Qu’est-ce que j’ai vraiment à apporter à cette équipe ? »
J'ai éprouvé ces pensées un nombre incalculable de fois. Mon caractère atypique (la responsable administrative milléniale un peu excentrique) m'a souvent amenée à me demander si j'étais prise au sérieux ou si je méritais vraiment ma place. Ces doutes sont devenus si familiers que j'ai fini par croire à ce discours intérieur, ce qui a eu un impact négatif sur ma carrière. Après quelques recherches, j'ai découvert un phénomène qui expliquait parfaitement mon sentiment persistant d'inadéquation en tant que leader : le syndrome de l'imposteur.
Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?
Le syndrome de l'imposteur est un phénomène psychologique caractérisé par un doute persistant et intériorisé sur soi-même, malgré les réussites. Les personnes atteintes pensent souvent que leur succès est dû à un concours de circonstances favorables ou qu'elles ont réussi à tromper leur entourage en surestimant leurs capacités. De ce fait, elles peuvent vivre dans la crainte constante que leurs pairs, collègues ou supérieurs découvrent un jour qu'elles ne sont pas aussi compétentes qu'elles le paraissent.
Ces sentiments peuvent engendrer une anxiété chronique, un surmenage et, à terme, un épuisement professionnel, car les personnes concernées se sentent obligées de prouver constamment leur valeur. Même lorsqu'elles atteignent des objectifs importants, elles ont tendance à minimiser leurs réussites ou à considérer les récompenses et la reconnaissance comme insignifiantes ou imméritées, plutôt que de les accepter comme le fruit de leur travail et de leurs compétences. Les recherches sur le syndrome de l'imposteur suggèrent qu'il est bien plus complexe qu'un simple sentiment de ne pas être à sa place. Des facteurs tels que la culture, l'environnement, la dynamique familiale et les rôles attribués dès le plus jeune âge peuvent jouer un rôle important. Par exemple, étiez-vous considéré(e) comme « l'intello » durant votre enfance ? Votre famille accordait-elle une grande importance à la réussite scolaire ? Ce ne sont là que quelques exemples des nombreuses influences susceptibles de contribuer au développement du syndrome de l'imposteur.
Les personnes atteintes du syndrome de l'imposteur peuvent avoir des pensées intérieures qui ressemblent à :
« Je suis un imposteur. »
« Je ne mérite pas d'être ici. »
«Je ne suis pas à la hauteur.»
Est-ce que cela vous semble familier ? Découvrir cela a été une véritable révélation pour moi. Cela m'a aidée à comprendre pourquoi je me sens bloquée dans ma carrière et pourquoi j'ai tendance à m'autosaboter dans différents aspects de ma vie. En prenant du recul, beaucoup de choses ont enfin pris sens.
Pourquoi ressentons-nous cela ? Pourquoi agissons-nous ainsi ?
Bien que le syndrome de l'imposteur ne soit pas un diagnostic psychiatrique officiel, les psychologues le reconnaissent comme un schéma cognitif fréquent qui touche de nombreuses personnes. Celles qui en souffrent ont souvent des difficultés avec le sentiment d'efficacité personnelle, le perfectionnisme et le névrosisme, ce qui peut engendrer des émotions négatives telles que l'anxiété, le manque de confiance en soi, voire la dépression.
L'une des plus grandes idées fausses concernant le syndrome de l'imposteur est qu'il disparaît une fois qu'on accède à un poste de direction. En réalité, de nombreux dirigeants et managers en souffrent en silence. Ils doutent de leurs compétences, craignent d'être démasqués, hésitent à prendre la parole, se préparent excessivement ou ressentent le besoin d'avoir toutes les réponses avant de prendre une décision.
Le problème, c'est que le syndrome de l'imposteur n'affecte pas seulement le leader ; il peut influencer toute l'équipe. Il peut engendrer du micromanagement, l'évitement des conversations difficiles, une réticence à déléguer, du perfectionnisme ou le fait de laisser passer des opportunités par manque de confiance en soi.
Un leadership fort ne consiste pas à ne jamais se remettre en question. Il s'agit de reconnaître quand le doute de soi, plutôt que l'expérience, les compétences et les valeurs, influence nos décisions.
Alors, reprenons-nous !
On le sait tous, ce n'est pas aussi simple que de « se ressaisir », n'est-ce pas ? Surmonter le syndrome de l'imposteur implique de changer ses habitudes et d'apprendre à dialoguer différemment avec soi-même. Voici quelques stratégies que j'ai apprises et que je compte intégrer à mon quotidien.
Distinguer les sentiments des faits. Demandez-vous si vos doutes, votre anxiété et votre sentiment d'insuffisance sont fondés sur des preuves ou s'ils sont alimentés par la peur. Il est essentiel de remettre en question nos pensées autocritiques et de les remplacer par des perspectives plus équilibrées et basées sur des faits. Par exemple, lorsqu'on vous complimente sur vos réussites – ou même simplement sur votre tenue – au lieu de minimiser le compliment ou de trop y réfléchir, dites simplement : « Merci, cela me touche beaucoup. »
Constituez un réseau de soutien
Entrez en contact avec des personnes qui partagent vos passions et vos ambitions et qui sont ouvertes à l'échange de connaissances. Un solide réseau de soutien peut vous rappeler que vous n'êtes pas seul(e) à ressentir ces émotions. L'OWA est un excellent point de départ. (Clin d'œil.)
Adoptez l'apprentissage tout au long de la vie
La confiance se construit par l'apprentissage, non par la prétention de tout savoir. En réalité, ne pas tout savoir nous offre l'opportunité de progresser et de nous améliorer. Investissez en vous-même : suivez des cours, lisez des livres ou des blogs, participez à des conférences et vivez de nouvelles expériences. Surtout, apprenez à célébrer vos réussites. Vos victoires, aussi modestes soient-elles, sont le fruit d'un travail acharné et méritent d'être reconnues.
En tant que femme occupant un poste de direction, j'ai vécu le syndrome de l'imposteur de près. Il y a eu des moments où je me suis demandée si j'avais les compétences, l'expérience ou si je méritais les opportunités qui s'offraient à moi, même lorsque les faits prouvaient le contraire. Maintenant que j'ai la trentaine, j'ai souvent l'impression que je devrais être bien plus avancée dans ma carrière et ma vie personnelle. Parallèlement, je me surprends à croire que, quels que soient mes efforts, ce n'est jamais suffisant. Je passe de nombreuses journées à m'inquiéter que mes supérieurs finissent par me remplacer, malgré tout le travail que je fournis.
Ce que je commence à comprendre, c'est que la confiance ne précède pas toujours l'action. Parfois, elle se développe parce qu'on est prêt à persévérer, à continuer d'apprendre et à croire qu'on a sa place.
Si vous avez déjà eu l'impression d'être seul(e) à nourrir ces doutes, détrompez-vous. Le syndrome de l'imposteur touche bien plus de dirigeants et de professionnels qu'on ne le pense. En parler ne nous affaiblit pas ; au contraire, cela contribue à créer un environnement de travail où chacun peut s'épanouir sans avoir à prouver sa valeur au quotidien. Les leaders les plus performants ne sont pas ceux qui n'ont jamais ce sentiment d'imposture. Ce sont ceux qui apprennent à diriger avec assurance, même lorsque cette petite voix intérieure négative se fait entendre.
Tu as mérité ta place. Ne laisse pas le doute te convaincre d'y renoncer.
Écrit par : Emily Hignett





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